22.06.2008

DE LA FREQUENTE COMMUNION

 
 
 
 
 
où le sentiment des Pères, des papes et des conciles,
touchant à l’usage des sacrements de pénitence et d’eucharistie,
sont fidèlement exposés.

 

 
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« La préparation nécessaire pour communier souvent,
est de mépriser de tout son cœur le siècle et le monde,
et d’offrir à Dieu tous les jours des sacrifices de larmes
avant que de lui offrir celui de son corps et de son sang.
»

(De la Fréquente communion)

 


Combien de scandales actuels, de communions sacrilèges et indignes, de célébrations honteuses, d’outrages incroyables, auraient été évités si les sages et judicieux rappels d’Antoine Arnauld (1612-1694), exposés dans son ouvrage essentiel « De la Fréquente communion »(1643), rappels fondés sur les pères de l’église, les saints et les docteurs de la foi, avaient été écoutés et surtout suivis d’effets au moment où se faisaient déjà entendre, en plein XVIIe siècle et sous la plume des auteurs Jésuites, peu inspirés promoteurs d’un laxisme théologique aberrant aux fruits délétères, les sirènes du relâchement moral et de la désorientation doctrinale au sein même de l’église, sirènes justement dénoncées dans ses célèbres « Provinciales », (Lettres écrites par Louis de Montalte à un Provincial de ses amis et aux R.R. Pères Jésuites), par Pascal (1623-1662).

 

L’abbé Henri Bremond (1865-1933), que l’on ne peut suspecter d’une sympathie excessive à l’égard de Port-Royal, déclarait à propos de cet ouvrage d’Antoine Arnauld :  « Dire que La Fréquente Communion d’Arnauld - un des livres sacrés du jansénisme - avait pour objet de rendre la Sainte Table inaccessible, non seulement aux grands pécheurs non convertis, mais à tous les fidèles en état de grâce (…) cela n'est pas exact. Je ne dis pas, d'ailleurs, que le livre d'Arnauld soit irréprochable, bien qu'après un mûr examen, Rome ait refusé de le condamner, mais je dis que, bien loin de défendre la communion fréquente aux personnes pieuses - et c'est là présentement la seule question qui nous intéresse, - Arnauld en recommande expressément la pratique. Tous ceux qui conduisent les âmes, lisons-nous dans la préface, doivent avoir pour but et pour fin de les mettre dans une telle disposition qu'elles puissent commencer à communier, si elles ne communient pas encore; ou souvent, si elles ne communient que rarement; ou même communier tous les jours, si elles .peuvent déjà communier souvent.... Nous voudrions, s'il était possible, porter les chrétiens à communier (quatre fois par jour), tant s'en faut que nous leur voulussions ôter cette unique communion de tous les jours, à laquelle tout le monde doit tendre, puisque la perfection d'un chrétien consiste à pouvoir s'approcher chaque jour du Fils de Dieu, comme ont fait les chrétiens au commencement de l'Eglise… » (H. Bremond, Histoire littéraire du sentiment religieux, t. XI, Chapitre II, § 1, 1942).

 

 
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Antoine Arnauld (1612-1694)
dit le « Grand Arnauld »
auteur « De la Fréquente communion » (1643)

 

Ainsi, contrairement à ce qui fut dit, et selon une opinion générale encore aujourd’hui fort répandue et entretenue à dessein, la volonté de Port-Royal ne fut point de pousser les chrétiens à s’éloigner de la Sainte Table et de l’eucharistie, mais de les engager à s’en approcher saintement, avec un sincère repentir et une vraie contrition, et surtout un très ferme regret de leurs fautes et un vif sentiment de leur indignité, de sorte de pouvoir aller à la « Table du Seigneur » (1 Corinthiens 10, 21) en un état moral convenable et conforme à la Sainteté de Dieu. De les inviter à se mettre en Sa présence avec un esprit de sincère pureté - car l’activité pernicieuse et malsaine de la « chair » en nous, qui nous souille et nous conduit à pécher constamment, alors que nous sommes plongés dans les ténèbres, égarés dans nos pensées, nos affections et désirs impurs, n’ayant aucune idée juste de Dieu ni de nous-mêmes, aucun sentiment de notre état réel de chute, de misère et de mort, notre coeur cherchant à se rendre heureux dans la gratification de ses infectes convoitises, fasciné par « le monde et les choses qui sont dans le monde », toutes ces "choses" sont de redoutables et puissantes entraves à la communion avec le Seigneur - Il est Saint, et il est indispensable de se savoir misérable pécheur face à Lui, faute de quoi il est impossible d'avoir part avec Lui (Jean 13, 8). L'Esprit de Dieu nous y exhorte clairement : « Ôtez le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain. Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée: c'est pourquoi célébrons la fête, non avec du vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec des pains sans levain de sincérité et de vérité. » (1 Corinthiens 5, 7-8).

 

+

 

Lisons donc avec attention ce texte important, malheureusement bien oublié par un catholicisme moderne enivré par ses passions charnelles et son infâme sensualisme, qui nous fournit pourtant de bien précieux conseils, et offre au chrétien de comprendre le sens réel de l’acte de communion, en se fondant sur l’affirmation de Paul aux Corinthiens : « Celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur (…) celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement contre lui-même » (1 Corinthiens 11, 27 & 29), et lui évite de s’égarer grandement en se livrant à des actes religieux impies dans une ignorance coupable des conditions requises afin de s’approcher du Saint Sanctuaire où Dieu se donne, aux âmes éprises des vérités du Ciel, par son Corps et par son Sang :

 


     « Nous apprenons bien de Saint Paul, qu’il faut prendre un extrême soin pour se disposer à la participation de ces saints mystères, de peur d’y participer à notre condamnation, et de là nous avons raison d’inférer contre les hérétiques de notre temps, que puisqu’il faut apporter à cette table une conscience pure ; ceux à qui des péchés mortels ont fait perdre la pureté de leur âme, la doivent premièrement recouvrer par les moyens institués par Jésus-Christ, c’est à dire, en s’adressant au tribunal qu’il a établi dans son église, pour recevoir par l’entremise des prêtres la rémission de leurs péchés.

 
      Voila de quelle sorte la confession est enfermée dans le commandement que Saint Paul fait de s’éprouver soi-même, avant que de manger ce pain du ciel : mais que ce commandement ne contienne autre chose, c’est ce qui ne se peut soutenir sans ravaler indignement la révérence que l’on doit à ce sacrement auguste, et ce qu’il est aisé de réfuter par l’apôtre même, pour ne rien dire maintenant de tous les pères. Car comme l’auteur du commentaire attribué à Saint Anselme, et avant lui Saint Augustin ont remarqué excellemment, Saint Paul ne reprend pas les Corinthiens de s’être approchés indignement de l’eucharistie, pour y avoir apporté une conscience chargée de crimes, sans s’être confessés auparavant ; mais pour n’avoir pas assez bien distingué cette viande sainte des viandes communes, par la révérence particulière qui lui est due.

     Ce que nous voyons, disent-ils, en ce qu’ayant dit qu’un tel homme mange et boit sa condamnation, il ajoute aussitôt ces paroles, ne discernant pas le corps du Seigneur ; de sorte qu’il est manifeste, que le principal dessein de l’apôtre n’est pas, que l’on soit hors de l’état du péché mortel lors que l’on communie, comme la plupart des Corinthiens étaient sans doute : mais qu’il demande bien davantage ; et qu’outre une plus grande pureté de l’âme, que celle d’être délivré simplement des péchés mortels, il veut que l’on y apporte une circonspection merveilleuse, et un respect extraordinaire.


[…]

   Pour ramener les choses à leur source, comme Saint Paul nous assure, qu’il a appris de la bouche du seigneur ce qu’il nous enseigne ; toutes ces préparations de l’eucharistie sont renfermées en ce précepte de Jésus-Christ, de célébrer ce mystère en mémoire de sa mort. (...). Est-ce là n’obliger les hommes qu’à se confesser pour manger ce corps, et boire ce sang, selon les enseignements de Jésus-Christ et de Saint Paul, après avoir tant de fois foulé aux pieds ce même sang, par des offenses mortelles ?


[…]

   La préparation nécessaire pour communier souvent, est de mépriser de tout son cœur le siècle et le monde, et d’offrir à Dieu tous les jours des sacrifices de larmes avant que de lui offrir celui de son corps et de son sang. Comment est-ce après cela que vous prétendez vous servir de cette êpitre pour porter à la fréquente communion ceux dont la vie est toute païenne ; qui sont attachez prodigieusement au monde, et qui ne respirent que ses délices ?


[…]

   Contre les hérétiques de ce temps [rappelons qu’] il ne faut point approcher de l’eucharistie, sans avoir découvert le fonds de sa conscience au prêtre, et sans avoir contrition de son péché (…) on ne peut communier, que lors qu’il n’intervient aucun péché mortel ; [car] tous les péchés qui tuent l’âme, portent avec eux la séparation de l’autel ; il faut faire pénitence (Saint Augustin ne dit pas seulement qu’il faut confesser son péché, mais qu’il en faut faire pénitence) avant que de recevoir ce remède salutaire : et enfin que c’est recevoir indignement le corps de Jésus-Christ, que de le recevoir durant le temps où l’on doit faire pénitence. Ce qui marque clairement qu’après les offenses mortelles, on doit être [dans] un espace de temps raisonnable, comme Saint Cyprien en parle, à se purifier par les bonnes œuvres, avant que d’approcher de l’eucharistie.


[…]

   Il ne faut recevoir ce sacrement qu’avec une grande révérence, et sainteté ; suivant le précepte de Saint Paul de s’éprouver soi-même, avant que de manger ce pain, et boire ce sang. »

 

De la Fréquente communion,
où le sentiment des Pères, des papes et des conciles,
touchant à l’usage des sacrements de pénitence et d’eucharistie,
sont fidèlement exposés,
Antoine Arnauld, 1643, Chapitre II, § 2.

 

04.04.2008

ZACHARIAS : la Résurrection des morts est réservée aux justes seulement

 

 

 

   
«C’est ici la première résurrection.

 Bienheureux et saint celui qui a part à la première résurrection :

 sur eux la seconde mort n’a point de pouvoir ;

 mais ils seront sacrificateurs de Dieu et du Christ,

 et ils régneront avec lui mille ans»

(Apocalypse 20, 5, 6).

 

 

 

               Il y a une grande ignorance théologique dans toutes les réflexions aujourd’hui répandues de façon scandaleuse touchant à la résurrection des corps, ignorance conduisant inévitablement à d’énormes confusions dont le triste spectacle se donne à voir, et surtout à lire, dans de nombreux endroits et en des clameurs déplacées vraiment étrangères à l’enseignement de l’Ecriture. Tout ce pénible bruit provoqué par un discours touchant à la prétendue « dignité du corps », ultime trouvaille pitoyable d’une chrétienté moderne passablement désorientée, discours proféré avec une complaisance indigne si caractéristique de l’état consternant dans lequel se trouve aujourd’hui la foi, devrait nous amener à méditer de nouveau ces lignes de Pascal exposant ce qu’il en est de l’état effectif de notre humaine nature :

 

    
« …Aujourd'hui l'homme est devenu semblable aux bêtes, et dans un tel éloignement de [Dieu] qu'à peine lui reste-t-il quelque lumière confuse de son auteur, tant toutes ses connaissances ont été éteintes ou troublées. Les sens indépendants de la raison et souvent maîtres de la raison l'ont emporté à la recherche des plaisirs. Toutes les créatures ou l'affligent ou le tentent, et dominent sur lui ou en le soumettant par leur force, ou en le charmant par leurs douceurs, ce qui est encore une domination plus terrible et plus impérieuse.

 

Voilà l'état où les hommes sont aujourd'hui. Il leur reste quelque instinct impuissant du bonheur de leur première nature ; et ils sont plongés dans les misères de leur aveuglement et de leur concupiscence qui est devenue leur seconde nature. »

 

[ …] Nous sommes pleins de concupiscence. Donc nous sommes pleins de mal. Donc nous devons nous haïr nous-mêmes, et tout ce qui nous attache à autre chose qu'à Dieu seul. »  

 

( Pensées de M. Pascal sur la Religion et sur quelques autres sujets, 3e édition, Paris, Guillaume Desprez, 1671, [34] ; [70] )
                 
 
 
Mais par delà cet aspect non négligeable replaçant à sa juste place l’homme et la valeur de ses extases sensibles, le point essentiel relatif à la résurrection de la chair tant célébrée et mise en avant par les actuels louangeurs du corps, point cependant qui n’est jamais abordé car parfaitement oublié bien que fondamental, porte sur le fait que la résurrection annoncée par l’Ecriture n’est pas à venir pour tous les hommes, mais seulement pour les justes.

 

 

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                «La pareille te sera rendue», dit le Seigneur, «en la résurrection des justes» (Luc 14, 14). «Mais ceux qui seront estimés dignes d’avoir part à ce siècle-là et à la résurrection d’entre les morts», dit Luc 20,35, «ne se marient ni ne sont donnés en mariage, car aussi ils ne peuvent plus mourir ; car ils sont semblables aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection».

 

                 Nous voyons ici que certains sont estimés dignes d’avoir part à la résurrection d’entre les morts, et de devenir semblables aux anges ; et qu’ils sont prouvés fils de Dieu parce qu’ils appartiennent à cette résurrection et qu’elle est leur part. Si tous étaient ressuscités ensemble, cela ne pourrait être vrai. Il y a une résurrection qui n’appartient qu’aux enfants de Dieu et qui prouve qu’ils sont tels.

 

 

               «Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient en laquelle tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix ; et ils sortiront, ceux qui auront pratiqué le bien, en résurrection de vie ; et ceux qui auront fait le mal, en résurrection de jugement». Il y a donc deux résurrections distinctes de caractère et de nature, l’une en jugement, l’autre en vie et complétant pour le corps ce qui a déjà été fait pour l’âme. Le mot «heure» est allégué ici par certaines personnes pour montrer que ces deux résurrections sont simultanées. Cette question a relativement peu d’importance en comparaison du fait que les saints seront ressuscités à part comme ayant déjà été acceptés, et que les méchants seront ressuscités pour être jugés.

 

 

            De même la consommation du siècle (Matthieu 13) n’est pas la fin de cette terre quand elle sera consumée, mais la fin de l’économie actuelle ; phrase bien connue parmi les juifs qui parlaient du olam-hazeh, ce monde ou ce siècle, et du olam-havo, le siècle à venir, ce dernier étant l’époque du règne du Messie. «Le dernier jour» fait allusion à cela ; le croyant ressuscitera quand le Christ viendra et mettra fin à ce siècle (aiôn). Ces termes ne sont certainement pas «la fin du monde». Le Christ ne pouvait pas donner la gloire aux siens lorsqu’Il parlait ; mais lorsqu’Il entrera dans son royaume, Il les ressuscitera et ils régneront avec Lui.

 

 

             Dans l’épître aux Philippiens, nous trouvons la confirmation de la même vérité : «Si en quelque manière que ce soit je puis parvenir à la résurrection d’entre les morts» ; ce serait un effort bien inutile ; et si l’homme le plus incrédule pouvait y avoir aussi part, il ne serait pas question d’y parvenir. Si, au contraire, les justes doivent être ressuscités à part en gloire, c’est un but qui mérite d’être sérieusement poursuivi.

 

             En grec ce passage a une force que le français ne rend pas. L’apôtre a inventé un mot grec pour exprimer cette résurrection distincte — exanastasis — une résurrection d’entre les morts. C’était ce que Paul cherchait à atteindre. Le Christ, l’objet de la faveur divine, a été ressuscité d’entre les morts, lui, les prémices ; et Paul espérait faire partie de la récolte du Christ lorsqu’Il reviendra du ciel, comme il le dit à la fin du chapitre : «D’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus-Christ comme Sauveur, qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire». Il est donc évident que l’Esprit insiste sur une résurrection qui appartient aux justes et à laquelle les méchants n’ont aucune part. On s’en aperçoit même au sujet des vérités les plus ordinaires : «Attendant l’adoption, la délivrance de notre corps». L’apôtre n’aurait pu se servir d’une expression semblable pour exprimer que le corps sera délivré du pouvoir de la mort, s’il avait eu en vue une commune résurrection en vue du jugement.

 

                De même il est dit dans l’épître aux Hébreux : «Comme il est réservé aux hommes de mourir une fois, — et après cela le jugement, ainsi le Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui l’attendent» (Hébreux 9, 27, 28). Ici encore l’incrédule n’a aucune part au salut et à l’attente du Seigneur. Remarquons encore, dans ce passage, que cette part du croyant est en contraste avec la mort et le jugement — part naturelle de l’homme déchu. Nous voyons combien le Christ et le croyant sont associés par le Saint Esprit ; de telle sorte que la vie et la résurrection appartiennent à tous deux : seulement le Christ les possède par droit divin et nous par grâce. Ces croyants se confiaient en Dieu qui ressuscite les morts ; ils savaient que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera aussi avec Jésus et nous présentera avec tous les saints ; ils savaient aussi que «si notre maison terrestre qui n’est qu’une tente, est détruite, nous avons un édifice de la part de   Dieu, une maison qui n’est pas faite de main, éternelle, dans les cieux» (2 Corinthiens 5, 1) ; ils attendaient que ce qui est mortel fût «absorbé par la vie».  Dieu les avait formés à cela même, et leur avait aussi donné les arrhes de l’Esprit, afin qu’ils eussent toujours confiance.

 

                L’inexacte et fallacieuse doctrine d’une résurrection commune à tous, aboutissant au jugement, exclut de telles pensées. Lorsque Le Christ vient pour juger les vivants sur la terre, et qu’Il les trouve mangeant, buvant, achetant, vendant, etc., toute l’Écriture déclare que les justes apparaîtront avec Lui : «Et l’Éternel, mon Dieu, viendra, et tous les saints avec toi». «Le Seigneur est venu au milieu de ses saintes myriades». «Quand le Christ... sera manifesté, alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui en gloire». «Et les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues de fin lin, blanc et pur». «Ceux qui sont avec lui, appelés, et élus, et fidèles». Les anges viendront assurément avec Lui, mais combien de ces passages ne s’appliquent ni ne peuvent s’appliquer aux anges ! «Nous apparaîtrons avec Lui en gloire».

 

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             Ainsi donc avant que le Christ juge qui que ce soit, même les vivants, les justes auront été ressuscités et seront avec Lui. Dieu amènera avec Jésus ceux qui se sont endormis par Lui ; (1 Thessaloniciens 4). C’est cette parfaite association avec le Christ qui donne une telle valeur à la doctrine d’une résurrection distincte des justes.

                 «Tel qu’est le céleste, tels aussi sont les célestes. Et... nous porterons aussi l’image du céleste». Toutes ces paroles nous enseignent donc, non une résurrection commune des justes et des injustes qui ne devraient être séparés que par le jugement, mais la précieuse vérité que les justes seulement seront associés à Jésus-Christ et séparés des méchants pendant le millénaire à venir où le Christ règnera, puis ensuite il y aura la fin des temps.

 

Qu’adviendra-t-il vraiment des morts après la fin des temps ?

 

               Aucun passage de l’Ecriture ne nous renseigne sur ce point, mais nous pouvons admettre qu’ils seront transmués et préservés. «La chair et le sang, nous le savons, ne peuvent hériter du royaume de Dieu ». D’après la donnée générale des Écritures, nous pouvons donc être tout à fait certains que ces justes, préservés de l’universelle dissolution du ciel astronomique et de la terre, seront transportés (…) dans une condition nouvelle, appropriée à l’état éternel où ils seront introduits»  (W. Kelly, Étude sur l’Apocalypse ).
Ainsi il convient de redire avec saint Augustin : 
-         « C’est par là foi qu’on approche de Dieu, et il est certain que la foi appartient au coeur et non au corps. Mais comme nous ignorons jusqu’à quel degré de perfection doit être élevé le ''corps spirituel des bienheureux'', car nous parlons d’une chose dont nous n’avons point d’expérience et sur laquelle l’Ecriture ne se déclare pas formellement, il faut de toute nécessité qu’il nous arrive ce qu’on lit dans la Sagesse: ‘‘Les pensées des hommes sont chancelantes et leur prévoyance est incertaine’’. »
(La Cité de Dieu, ch. XXII).

 

 

 

 

02.04.2008

ZACHARIAS : la signification et le sens de la "Résurrection de la Chair"







                      On oublie trop souvent, dans les constructions littéraires et théologiques fantaisistes teintées d’un fort anthropomorphisme très grossier que construisent les actuels admirateurs de la chair, espérant voir cette dernière accéder à un statut d’éternité qui ne peut en aucun cas lui être dévolu, que le sort réservé aux choses créées, loin de bénéficier d’une hypothétique « dignité » que lui aurait conféré l’Incarnation, est de disparaître pour toujours.  

                      En effet, si le monde d’autrefois a été détruit par le déluge, le monde actuel le sera par le feu. Mais il s’agira alors d’un anéantissement total et définitif, et qui de plus atteindra aussi le ciel astronomique. Plusieurs passages de l’Écriture confirment cette vérité solennelle : «Tu as jadis fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains ; eux, ils périront […] et ils vieilliront tous comme un vêtement ; tu les changeras comme un habit, et ils seront changés» (Psaumes 102 25, 26 ; Hébreux 1, 10-12) ; «Le ciel et la terre passeront» (Matthieu 24, 35).

 

                       Bien évidemment, l’Ecriture ne décrit pas en détail ce que sera le ciel, sans doute parce que notre condition humaine actuelle ne nous permettrait pas de saisir les merveilles qui nous seraient ainsi révélées. Mais l’apôtre Paul, ravi jusqu’au troisième ciel (c’est-à-dire le séjour de Dieu), déclara qu’il y a entendu des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à l’homme d’exprimer (2 Corinthiens 12, 4). C’est dire que nous ne pourrons jamais nous faire qu’une idée incomplète de la félicité qui règne dans ce lieu béni, pas plus que de la gloire qui sera la part des rachetés durant l’éternité, aussi gardons-nous par prudence et pieuse réserve, dans notre état charnel actuel que nous sommes destinés à abandonner et perdre pour notre délivrance, à vouloir rabaisser les perspectives surnaturelles à un vulgaire sensualisme pseudo mystique qui n’est qu’un grossier travestissement des fondements spirituels du christianisme.

 

                  De la sorte, le sens effectif de l’expression « Résurrection de la chair » contenue dans le Credo, qu’il conviendrait de largement expliquer afin de dissiper bien des confusions aberrantes et des idées foncièrement faussées dont témoignent certaines positions ridicules, consiste à proclamer que le « corruptible sera anéanti pour revêtir ‘‘l’immortalité’’ » (1 Corinthiens 15, 53), et que « la délivrance de notre corps de mort », qui provoqua les soupirs éperdus de l’apôtre Paul (Romains 8, 23) qui attendait avec impatience le moment où il serait enfin soustrait aux lois de ce monde pour participer à la réalité du Royaume, sera accomplie, non pas dans des corps charnels bien sûr, cela n’est pas douteux, mais dans des « corps glorieux », cette transformation opérée par la grâce étant le sens exact de ce que nous proclamons avec l’Eglise lorsque nous disons que nous croyons à la « résurrection de la chair », c’est-à-dire à l’acquisition après la mort pour ceux qui seront sauvés de corps incorruptibles, et même, pour être tout à fait clair, de corps « glorieux » semblables à celui de Jésus-Christ comme le déclare saint Jean :

 

« nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est »

 

                             (1 Jean 3, 2).